TOUR D’ESPAGNE 2010 (28 août-19 septembre)
Etape 19 : Les déclarations
Philippe Gilbert (Omega Pharma-Lotto, vainqueur de l’étape): «Il y a eu un très grand travail de mon équipe. J’avais décidé de ne pas attaquer dans la côte et de contrôler jusqu’aux derniers 500 mètres. Luis-Leon Sanchez était le plus dangereux mais il y avait un vent de face et quand j’ai vu que David Millar travaillait pour le reprendre, j’étais bien content. J’ai quand même pris la décision de lancer le sprint de loin. Je pensais que c’était le meilleur moyen de battre Farrar. C’est pour moi un honneur de battre au sprint le deuxième sprinteur du monde (après Mark Cavendish) mais surtout il s’agissait d’un final parfait pour moi. Je ne me cache pas avant le championnat du monde parce que j’avais fixé mes objectifs en début d’année et tout le monde sait qu’après les classiques du printemps, je ne pense qu’au Mondial. Ce n’est pas une surprise et je suis dans les temps. Je suis dans une condition parfaite. Je ne suis pas certain de mon programme ensuite, si j’aurais assez récupéré pour tenter de gagner Paris-Tours une troisième fois consécutive. Pour le moment je focalise sur le maillot arc en ciel. Il n’y a que ça qui compte. Si je ne le gagne pas, j’essaeierai de prendre ma revanche dans Paris-Tours et dans le Tour de Lombardie mais je n’y pense pas. J’étais venu dans la Vuelta pour gagner une étape, j’en ai gagné deux. Je suis plus que satisfait. Je n’ai pas de regret de ne pas pouvoir conquérir le maillot vert parce que ce n’était pas ma priorité. En cours de route, j’ai envisagé de le gagner mais j’ai préféré ne prendre aucun risque. Je n’avais aucune chance de gagner un sprint massif sur le plat, et bien plus de ruiner mes efforts dans une chute. »Vincenzo Nibali (Liquigas-Doimo, maillot rouge de la Vuelta): «Hier, Federico Bahamontes était venu au depart de l’étape et m’avait décrit le final de l’étape à Tolède. Je le remercie infiniment parce qu’il m’a beaucoup aidé. Connaissant ce final, je suis resté en tête de peloton dans les dix derniers kilomètres avec Daniele Bennati resté à mes côtés. J’ai vu qu’il y a eu une cassure et j’ai fini aussi vite que j’avais pu. Gagner 12 secondes ainsi est un super bonus pour demain. Je me sens mieux avec cette avance de 50 secondes même si je sais combien Bola del Mundo est très difficile. »
Ezequiel Mosquera (Xacobeo-Galicia, deuxième du classement général): «Il y a eu une grande tension dans le dernier kilomètre. Dans les virages, j’étais côte à côte avec Fränk Schleck et il a été victime d’une crevaison. J’étais à la limite, je ne pouvais pas faire mieux. Dans ce type d’arrivée, Nibali est meilleur que moi. Mon équipier David Garcia Dapena a tout fait pour combler l’écart mais quand nous sommes passés sur le dernier pont, je ne pouvais plus respirer. Demain, je dois attaquer. J’espère être dans un bon jour et avoir de bonnes jambes. J’ai l’air serein mais je ne le suis pas. Je suis très nerveux et c’est difficile de m’endormir chaque nuit. Si je perds la Vuelta, j’espère que ce ne sera pas pour moins de 12 secondes… »
Bradley McGee (directeur sportif de Saxo Bank): «Je suis déçu de l’abandon de Fabian Cancellara. Ce n’était pas prévu. »
Carlos Sastre (Cervélo): «Etre près de ma famille au cours de cette étape et passer dans la ville où j’habite était très special. Cela a été une longue journée, un marathon et nous avons été chanceux avec la météo. Le final a été explosif et il y a eu des cassures dans le peloton. Demain, la Bola del Mundo sera ma derinère chance d’une victoire d’étape. C’est mon objectif. »
Xavier Florencio (Cervélo): «Nous avons compté une avance de dix minutes mais quatre coureurs dans une échappée, ce n’était pas assez avec le vent de face. Quand j’ai entendu que les équipes de sprinteurs, surtout HTC-Columbia et Omega Pharma-Lotto, travaillent en tête de peloton, j’ai compris que c’était foutu.”
Matt Goss (HTC-Columbia): «Luis-Leon Sanchez a attaqué et j’ai fait l’effort de le reprendre parce que je m’étais bien senti dans la côte. Après, il n’a pas voulu insister et j’ai donné beaucoup de moi-même. Nous avons été repris mais je voulais voir avant le championnat du monde si je pouvais suivre dans une côte. C’est une bonne indication, ma forme est bonne.»
Federico Bahamontes “l’Aigle de Tolède” (82 ans), vainqueur du Tour de France 1959: «C’est une extraordinaire fin d’étape avec un très grand vainqueur et une foule immense. Dans la côte d’arrivée, c’était impossible pour une équipe de contrôler, c’est donc le meilleur coureur qui l’a emporté. Je ne connais pas personnellement Philippe Gilbert mais il connaissait ce final, il était venu l’an dernier. Dans la partie la plus dure de la côte, il s’est donné un avantage de six ou sept longueurs et il a ainsi construit sa victoire. Je ne le connais pas mais j’en suis fan.»
Au moment des interviews, Philippe Gilbert a rencontré Federico Bahamontes et était très heureux d’échanger quelques mots avec l’Espagnol.
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