Tour de Picardie
En direct de l'arrivée à Villers Bocage (2ème étape - 178.5 km)C'est dans un vent relativement fort que les coureurs effectuent un circuit en franchissant 3 fois la ligne d'arrivée, soit à 33,5 km de la fin. La ligne qui démarquera le vainqueur a été installée au coeur du village de quelques 1 000 âmes. Pour l'occasion, les moyens déployés sont en lien avec à la pointure du maître de cérémonie : ASO - Amaury Sport Organisation, le Tour de Picardie étant une des épreuves de l'Europe Tour.
Quand on voit la foule amassée le long du parcours, on se demande s'il y a encore quelqu'un dans les maisonnées..... De ci de là, commentaires et paris sur la possible issue de l'échappée ou d'un sprint vont bon train. Ce que les aficionados imaginent est confirmé par le célèbre speaker Daniel Mangeas. On s'accorde à reconnaître que l'échappée qui comptait plus de 2 mn risque de ne pas aller au bout. En effet, dans l'avant dernier tour/circuit elle est tombée à 50 secondes. Le peloton s'agite et vient titiller les 5 échappés dont le maillot jaune : Leonardo Duque (Cofidis), John Degenkolb (Argos Shimano), Sébastien Chavanel (Europcar), José Ivan Gutierrez (Movistar), Takashi Myazawa (Saxo Bank) – le seul Japonais engagé sur ce Tour de Picardie 2012.
Il faut savoir que sur cette épreuve fort caractéristique de par ses grandes plaines, le vent, chaque équipe a mis plusieurs sprinteurs. Car il est de renommée que les 3 étapes formant le Tour de Picardie s'enlèvent, la plupart du temps, au sprint. Outre l'échappée à un tour de la fin, 3 coureurs prennent les commandes du peloton : Sébastien Turgot (Europcar), Sijmens (Cofidis), Van Groen (Accent Jobs). L'échappée perd du terrain et tombe à 40 secondes. On frémit dans le public. Tandis que le speaker évoque les prix remportés pour les maillots, il s'attarde pour signaler qu'outre une belle prime, le maillot, le vainqueur de l'étape aura droit à un panier de spécialités picardes. Le peloton grignote encore ou les échappés n'en peuvent plus. L'écart tombe à 10''. Et soudainement le peloton avale les 5 vaillants échappés. Au terme de 4h08...il n'y a plus de différence, toute la meute est rassemblée en un seul groupe qui passe à grande vitesse. On distingue tout juste les maillots respectifs (le jaune, le vert, celui à pois...). Tantôt Argos pilote (pour le maillot jaune Degenkolb), tantôt AG2R pour Casper (sur ses terres) ou Ravard. On est à 5 km de la fin. Landbouwkrediet décide de mettre en route à 1,5 km. On signale que les 3 premiers bénéficieront d'une bonification qui impactera le classement au général. Plus l'étape tire vers sa fin, plus ça s'anime, plus ça frotte, et plus les équipes tentent de prendre le pilotage. On n'y voit plus clair du tout, parmi tous les sprinteurs qui peuvent jouer le coup fatal. Daniel Mangeas annonce : « Turgot, Chavanel..., Bouhanni, Degenkolb... ».
La FDJ-Bigmat est annoncée vainqueur de cette 2ème étape avec Nacer Bouhanni, puis dans l'ordre où ils croquent la ligne d'arrivée : Van Hummel (Vacansoleil), Poulhiès (Saur Sojasun), Degenkolb en 4ème position, donc au pied du podium et sans bonification. Soudain, le ton monte. Les «concurrents» du vainqueur Bouhanni saisissent le collège des arbitres d'une réclamation. Ils évoquent une irrégularité dans la trajectoire du coureur de la FDJ et qui aurait empêché les autres de manoeuvrer pour passer la ligne en 1er. Les arbitres acceptent d'étudier la contestation et signalent qu'il leur faut examiner le cliché, afin de vérifier si la trajectoire de Bouhanni était règlementaire. Le verdict tombe rapidement. Bouhanni est déclassé, rétrogradé comme s'il était arrivé après le peloton et le vainqueur officiel devient Van Hummel, Poulhies grimpe sur la 2ème marche et Degenkolb s'offre la 3ème place de l'étape, engrange 4'' de bonification et conserve sa tunique jaune. Inutile de décrire l'humeur de Nacer Bouhanni, l'ambiance à la FDJ-Bigmat...

Parmi les réactions au terme de la 2ème étape, ce samedi 12 mai, celle d'Europcar : « Nous sommes satisfaits de notre prestation sur ces 2 étapes. Malgré la présence de quelques bons sprinteurs comme Sébastien Chavanel, Sébastien Turgot, Saïd Haddou, Alexandre Pichot, on ne pouvait faire mieux. De toute façon, Degenkolb est au-dessus du lot donc en terme d'ambitions sur ce Tour de Picardie, nous devons rester réalistes. L'équipe a tenté ce jour avec une échappée emmenée par Turgot. Et nous avons réalisé un objectif sur la 1ère étape avec Sébastien Chavanel et Saïd Haddou. »
Vous êtes peut-être encore sur la victoire aux 4 jours de Dunkerque, lors de la 5ème et dernière étape ?
« Oui. Notre jeune sprinteur italien nous a permis de gagner une étape. »
Vous pouvez m'en dire plus sur lui, il est à peine connu semble t-il... ?
« Matteo Pellucchi vient d'arriver dans l'équipe, il n'a que 22 ans et est déjà bien prometteur aussi jeune. ».
Chez AG2R, on affiche la satisfaction d'avoir tout fait. Anthony Ravard confesse : « Nous avons tenté de prendre l'échappée. Ça n'a pas marché. Ensuite nous avons animé le final pour marquer au sprint en faveur de Jimmy (Casper). C'est tout ce qu'on pouvait faire sachant que la spécialité sur les parcours plats comme ici, c'est l'arrivée au sprint. ». Sébastien Hinault, entre 2 bouchées, dit que la course s'est bien déroulée et confirme qu'AG2R a fait le nécessaire au cours de cette 2ème étape.
Côté « radio-trottoir », c'est le local, donc le picard Jimmy Casper qui tient la une. Une famille, emmenant la poussette de petit-fils commente :
« Tu as vu y'avait Jimmy »
« Ils passent tellement vite qu'on a pas le temps de les voir »
« Jimmy, ici, c'est sûrement la dernière fois. Il est sur la fin. On le verra plus maintenant. »
« C'est sûr. On voit bien qu'il est sur la fin ».
A la terrasse du seul café ouvert à Villers Bocage : « Ah ben, les français, il va falloir qu'ils s'y mettent. Avec toutes ces équipes étrangères et tous ces coureurs étrangers, va falloir qu'ils réagissent ! ».

Matteo Pelucchi n'a pas réédité sa perf des 4 Jours de Dunkerque - Photo JM Hecquet
Passage à l'hôtel qui héberge l'équipe continentale pro La Pomme Marseille où le directeur sportif Benoît Salmon (ancien coureur avec 14 ans de carrière chez les pros) évoque l'équipe du sud rassemblée pour le Tour de Picardie : « Sur nos 10 coureurs au total, 8 sont ici. La composition de l'équipe pour cette épreuve a été simple : nous avons des coureurs polyvalents, capables de composer avec n'importe quel parcours. Ceci, pour pouvoir nous aligner sur n'importe quelle course. Ici on a 2 sprinteurs Benjamin Giraud et Yannick Martinez. Notre objectif, comme sur toutes les épreuves, c'est d'essayer quelque chose, de provoquer une échappée ou jouer la gagne. Sur la 1ère étape et aujourd'hui nous avons animé la course, tenté quelque chose. Ça marche ou ça ne marche pas. Les coureurs présent ici iront ensuite au Tour de Norvège où nous sommes invités. Parmi les 2 coureurs « restés à la maison », il y a Périchon qui part au Tour de Norvège et Greg Tarride accaparé par ses études « Sport et Etudes » afin de devenir ostéopathe. Avec une petite équipe de 10 coureurs, le programme de saison est élaboré pour que tout le monde coure et ait un week end de repos par mois. Nos coureurs sont soumis à un gros travail car nous n'avons pas de marge de manœuvre. D'un club nous avons évolué vers une équipe professionnelle grâce à une licence lettone puis à une licence française de par notre sponsor principal. Et notre évolution va continuer ».
A suivre...
| Suivant > |
|---|










